M. Mohamed Benalilou, président de l'Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte ‎contre la corruption (INPPLC), a affirmé que la conduite responsable des entreprises est devenue une ‎composante essentielle des conditions de durabilité, de compétitivité et d'intégration économique, ‎aux niveaux national et international. Il l'a déclaré dans l'allocution qu'il a prononcée à l'ouverture de la ‎rencontre « La conduite responsable des entreprises au Maroc : un levier stratégique pour la durabilité ‎et la compétitivité », organisée par l'Agence marocaine de développement des investissements et des ‎exportations (AMDIE) et l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) les ‎‎20 et 21 octobre 2026 à Rabat.‎ 

 

M. Benalilou a expliqué que l'intégrité est l'un des piliers de la conduite responsable, car elle garantit la ‎cohérence entre la recherche légitime de bénéfice et le respect des règles de la concurrence, la ‎protection des droits et la sauvegarde de l'intérêt général. Il a insisté sur le fait qu'elle ne se réduit pas ‎au respect purement formel des exigences de conformité, ni à l'adoption de chartes et de codes qui ‎peuvent rester déconnectés de la décision d'investissement. Elle est un mode de gouvernance et une ‎culture institutionnelle qui installent la transparence et la redevabilité à tous les niveaux de gestion. Il a ‎affirmé, dans le même temps, que la corruption porte atteinte à la réputation de l'entreprise, à ses ‎relations commerciales et à la confiance des investisseurs et des partenaires, qu'elle menace sa ‎capacité à perdurer et qu'elle affaiblit les incitations, l'innovation et la qualité.‎ 

 

Dans ce contexte, le président de l'Instance a rappelé les Principes directeurs de l'OCDE à l'intention ‎des entreprises multinationales sur la conduite responsable des entreprises, ainsi que leurs mises à ‎jour de 2023, en particulier sur le devoir de diligence et l'approche fondée sur les risques. Il a appelé à ‎identifier les risques de corruption liés aux activités des entreprises, à leurs relations commerciales et à ‎leurs chaînes de valeur, et à œuvrer pour les prévenir, les surveiller et les traiter.‎ 

 

M. le Président a ajouté que le contrôle interne, les règles éthiques, les programmes de conformité et le suivi des ‎risques constituent des piliers essentiels. Il a toutefois mis en garde que leur multiplication ne compense ‎pas la faiblesse de la volonté, et une documentation complète ne prouve pas la solidité des pratiques. ‎Une charte d'éthique prend de la valeur lorsqu'elle devient une référence dans la prise de décision et ‎dans le traitement des conflits d'intérêts. Quant au dispositif de dénonciation, son efficacité repose sur ‎la confiance, la confidentialité, la protection des lanceurs d'alerte de bonne foi, ainsi que sur le ‎traitement des plaintes d’une manière sérieuse, indépendante et dans des délais raisonnables.‎ 

 

M. Benalilou a souligné que l’instauration de la conduite responsable n'incombe pas aux seules entreprises. Il requiert ‎aussi un environnement institutionnel transparent et équitable, fondé sur la clarté des procédures, la ‎stabilité des règles, la transparence des démarches et l'égalité des chances entre les acteurs ‎économiques. Il a estimé que le flou des procédures et l'étendue du pouvoir discrétionnaire, sans ‎garanties suffisantes, ouvrent la porte au marchandage, et que l'amélioration du climat des affaires et ‎la prévention de la corruption se rejoignent dans un même chantier. Il a appelé à tisser des liens entre le ‎secteur public et le monde des affaires, fondés sur le partenariat dans la prévention, ‎avant le contrôle et la répression. Il a également affirmé que l'Instance considère le secteur privé ‎comme un partenaire essentiel dans la construction du système national d'intégrité.‎ 

 

A l’issue de son allocution, M. Benalilou a estimé que le véritable test réside dans la capacité ‎d'une entreprise engagée à réussir sans devoir renoncer à son engagement. Garantir cette ‎opportunité, a-t-il fait observer, renforce l'investissement productif et crée des emplois. Il a exprimé ‎l'espoir que les échanges contribuent à définir des mesures concrètes pour l’instauration de la conduite ‎responsable dans la vie des entreprises et dans le climat des affaires.‎

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